Exprimant tour à tour la légèreté et la puissance, l’art de la métallurgie fascine par sa complexité.

Face2Breton présente Anouchka Potdevin, artiste métallière et designer.
Déconstruire en faveur du beau.
Depuis son plus jeune âge, elle observe, démonte et décortique les choses.
Grâce au maniement des objets, les mouvements de sa pensée prennent forme et matérialité.
“ J’ai toujours considéré l’objet pour l’envisager sous un autre angle et voir ce qui peut émerger de cela. »
anouchka Potdevin
Alors qu’elle occupe les bancs de la Fac, elle songe au photojournalisme.
Elle pratique la photographie argentique.
Saisir le vrai, la recherche de l’instant, créer des images avec la lumière…

La jeune femme clôt finalement ce chapitre.
Elle se laisse emporter par la fougue qui caractérise les impétueux.
Intuitive et résolument passionnée, Anouchka écoute ce que lui dicte le cœur.
“ Mon parcours a suivi mes envies.”
Elle veut se consacrer à une activité manuelle qui, à l’instar de Bresson, place sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. Dans la culture du travail manuel, la transmission occupe une place importante et privilégiée. Anouchka a ce goût pour l’expérimentation et la volonté de se former, elle décide alors de suivre un apprentissage au sein de l’atelier Crézé, un acteur important dans la création d’ouvrages d’art métallique et dans la restauration du patrimoine bâti.


Intelligence émotionnelle
« Faire, c’est penser » Richard Sennett La flamme crépite et illumine le visage de la jeune femme, la connexion du travail cérébral et du travail manuel est sans conteste, l’esprit et la main opèrent à l’unisson.
“ Je voyais cette matière se déformer sous l’effet de la chaleur, c’était magique ! ”
Ce métier manuel est une combinaison sacrée de technique et de réflexion, d’abstrait et de concret, parfois même bien plus captivante d’un point de vue intellectuel.
Elle intègre ensuite, l’École d’Art Pivaut qui propose des formations artistiques d’excellence
en dessin, arts appliqués et métiers créatifs.
Trois ans plus tard, le temps est venu de se lancer.
La matinée, elle endosse la casquette d’hôtesse d’accueil dans une clinique Nantaise pour asseoir
une sécurité financière et l’après-midi, elle se consacre à ce qui la fait réellement vibrer.
Elle réalise des plans et fabrique des meubles dans son appartement.
Il est vain de séparer les mains et la tête, ce qu’elle crée doit avoir du sens !
L’intellect, les gestes techniques et artistiques sont étroitement entrelacés.
Ses créations prennent la forme d’un design poétique; rares sont ceux qui parviennent à combiner technicité et poésie mais Anouchka parvient à réenchanter cet art.
Elle révèle son univers au Salon Maison et Objet à Paris. La thématique “Couplicité” permet aux objets de briller autant par leur style que par leur fonction.
Un bouillonnement tumultueux s’affaire et s’articule autour des œuvres de l’artiste bretonne. Le Maxi Siège est retenu dans les tendances par Nelly Rodi. L’Oréal se l’approprie pour l’une de ses publicités.
En septembre 2011, la première Paris Design Week ambitionne de focaliser l’attention sur la capitale française, aux avant-postes de la création, elle pose son dévolu sur ce design intemporel et met un coup de projecteur sur Le Maxi Siège de Anouchka Potdevin.
L’oeuvre SIGNATURE
Anouchka se distingue par sa capacité à insuffler de l’émotion dans chaque pièce, tout en mettant l’accent sur la fonctionnalité et l’innovation.
Elle façonne le métal dans le but de créer des pièces uniques.
“ J’explore les possibilités infinies du métal dans mes créations, ce matériau m’inspire et me passionne. ”
En 2013, elle présente au salon de la maison et de l’objet : La Cage Dorée.
À suspendre à hauteur d’assise, cette œuvre est une ode à la légèreté et à l’élégance.
Elle affirme son identité artistique et déploie ses ailes.
La presse internationale s’affole autour de ce design éthéré et flottant.
Il y a des personnes qui marquent nos vies, même si cela ne dure qu’un instant.
Anouchka évoque une anecdote qui a la saveur de l’aube.
Pascale Mussard, descendante à la sixième génération de Thierry Hermès, ancienne directrice artistique de la ligne d’objets uniques “Petit h”, directrice de la villa Noailles et membre du comité artistique de la biennale de Vallauris, contacte personnellement Anouchka.
Cet appel (dont l’objet est de saluer la créativité de l’artiste) est reçu comme une bouffée d’air pur.
Selon Anouchka, l’enseignement se trouve là : quand tu fais les choses avec le cœur, tu ne peux pas te tromper !
L’intelligence émotionnelle réside dans la capacité à comprendre, extraire et insuffler de l’émotion dans chacun des projets que l’on entreprend.
CONSÉCRATION
Depuis l’Eau de Cologne Impériale imaginée en 1853 pour l’Impératrice Eugénie, la Maison Guerlain répond à cette quête de singularité et d’exception et cultive l’art du sur mesure avec passion.
En 2021, à l’occasion du lancement de “L’Art et la Matière” qui célèbre le parfum “Sur-Mesure”, Guerlain fait appel à deux artistes pour concevoir un décor de vitrine : Maryse Dugois, artiste du papier de soi et Anouchka Potdevin, artiste métallière. Deux mondes d’apparence paradoxale s’unissent.
L’artiste bretonne élabore des branches en acier à la finition chromée or qui épousent voluptueusement les éventails en papier de soi.
“ J’ai adoré travailler pour cette maison de luxe et j’aimerais beaucoup collaborer de nouveau avec elle. ” Anoucka Potdevin
Fière de ses origines bretonnes, cette artiste s’investit sans réserve dans l’élaboration de programmes régionaux ambitieux, tel que le projet immobilier « AIR » qui, en collaboration avec Bati Armor, allie design et architecture.
L’atelier des bords de Rance : un lieu inspirant
Implanté à quelques kilomètres de la Vallée de la Rance, l’atelier de Anouchka Potdevin est dédié au monde de l’art.
“Cet endroit offre un éventail de perceptions vraiment différentes qui m’inspirent énormément.”
À chaque processus créatif la musique l’accompagne.
Cette femme porte en elle l’intelligence des grands artistes, elle voit la beauté dans ce qui semble le plus commun, ses mains ont le pouvoir de métamorphoser le banal en objet extraordinaire.
Cet atelier (où cohabitent marteaux, meule, disques de polissage…) détient des trésors insoupçonnés.
Dans un coin, on distingue un exemplaire de la Chaise Blush, de l’autre, un prototype de la Cage Dorée, ces créations emblématiques sont si belles, que l’on ose à peine y poser les yeux.
Alors que Anouchka décrit son travail, il est intéressant d’observer la manière dont elle occupe l’espace (analyser ses gestes, “écouter” ses mains ).







L’art immatériel de la lumière : une quête
En exposant son travail, elle révèle une partie d’elle-même comme si elle transmutait sa propre lumière intérieure. Elle cherche à briser le côté statique en considérant “l’Espace-Lumière”.
La Cage Dorée, L’Indiscrète ainsi que La Méridienne Corbeille illustrent parfaitement cette notion.
“Ce que je fais, ce sont des rayons, la lumière, je la place dans ce que je crée.”
L’ensemble de son travail s’articule autour de l’exploration de la lumière.
“ La lumière me ravie, elle révèle les choses. ”
Anouchka Potdevin
Les œuvres envoûtantes et poétiques de Anouchka Potdevin s’installent dans le monde entier.
Des ouvrages d’exception qui témoignent de son savoir-faire et de son goût pour l’excellence.
En tant que référence dans l’art de la métallurgie, notre bretonne rayonne et participe à l’influence et l’expansion de l’art français à l’international.
Devise dans la vie : “ Tout est relatif ! ”
Coin favori en Bretagne : La Vallée de la Rance
Merci Anouchka Potdevin

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